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Humidité

Humidité dans la maison : trouver la cause avant de choisir les travaux

Mis à jour le · 6 min de lecture

Bas d’un mur intérieur blanc dont la peinture cloque et l’enduit s’écaille au-dessus d’une plinthe en marbre
Peinture qui cloque et enduit qui s’écaille en bas de mur : ces traces ne disent pas à elles seules d’où vient l’eau. Photo : Kebabknight, CC BY-SA 4.0, recadrage, via Wikimedia Commons

Ce guide fait partie de notre dossier sur le traitement de l’humidité : il vous aide à préparer votre projet, du besoin initial à la lecture des propositions.

Quatre origines possibles, quatre familles de travaux

La condensation vient de l’intérieur : la vapeur d’eau produite par la cuisine, les douches ou la respiration se dépose sur les surfaces froides. Qualitel la cite sur les fenêtres et rappelle qu’elle favorise les moisissures. Elle se règle d’abord par l’aération et la ventilation : c’est le domaine du spécialiste de la ventilation. L’infiltration, elle, fait entrer l’eau de pluie par la toiture, la façade ou le contour d’une fenêtre : si la tache apparaît après la pluie sous le toit, le couvreur est le premier concerné.

La remontée capillaire est l’eau du sol qui monte dans un mur par les pores de ses matériaux. Selon l’Agence Qualité Construction (AQC), elle est fréquente dans les maçonneries anciennes et rare dans les constructions récentes. Ses signes et ses traitements sont détaillés dans notre guide sur les remontées capillaires. Enfin, une fuite de canalisation peut mouiller un mur ou un plafond : la recherche de fuite relève du plombier.

Pour approfondir : Qualitel : mesurer le taux d’humidité de son logement.

Les quatre causes, ce qui peut y faire penser et qui intervient
CauseIndices possibles (sans valeur de diagnostic), et qui intervient
CondensationBuée sur les vitres, moisissures sur les parois froides : ventilation, et isolation des parois froides
InfiltrationTache qui apparaît ou grandit après la pluie, près d’un toit, d’un mur exposé ou d’une fenêtre : couvreur, façadier ou menuisier selon le point d’entrée
Remontée capillaireBas des murs humide, salpêtre, enduit qui se décolle, dans une maison ancienne : spécialiste de l’humidité, après diagnostic
FuiteTache localisée près d’un passage de tuyaux ou sous une pièce d’eau : plombier

Observer avant d’appeler : un relevé daté

Avant toute visite, des observations datées valent mieux qu’une impression générale. Photographiez les zones touchées, par temps sec et après la pluie, si possible sur plusieurs semaines. Notez à chaque fois la pièce, la hauteur des traces, le temps qu’il fait et si le chauffage tournait. Listez les travaux récents : fenêtres, isolation, enduit, terrasse.

Un hygromètre donne un indice sur l’air de la pièce. Qualitel, reprenant l’ADEME, recommande un taux d’humidité entre 40 et 60 % dans un logement, et signale qu’au-delà de 70 % le risque de moisissures et de condensation augmente. Cette mesure ne dit rien d’une infiltration ni d’une remontée capillaire : elle renseigne seulement sur la part de la condensation.

Votre relevé avant la visite
  1. Photographier chaque zone touchée, en datant les photos
  2. Noter la pièce, la hauteur des traces, la météo et le chauffage
  3. Lister les travaux récents et garder leurs factures
  4. Relever le taux d’humidité de la pièce à plusieurs moments

Le faire vous-même : ce qu’il faut vous procurer

Le relevé daté décrit plus haut se tient avec un seul appareil, en plus de votre téléphone pour les photos.

Le matériel ci-dessous est choisi pour les gestes de ce guide, sur des critères écrits, pas selon ce qu’il rapporte. Les liens sont affiliés : si vous achetez, le marchand nous verse une petite commission, sans surcoût pour vous, ce qui aide à financer nos guides gratuits. En tant que Partenaire Amazon, je réalise un bénéfice sur les achats remplissant les conditions requises. En savoir plus

Thermo-hygromètre

Il mesure le taux d’humidité de l’air pour votre relevé. Posez-le loin des fenêtres, des radiateurs et des murs humides, et notez la valeur à plusieurs moments de la journée. Il renseigne sur la part de la condensation, pas sur une infiltration ni sur une remontée capillaire.

  • Govee, thermomètre hygromètre BluetoothAffiche la température et le taux d’humidité, garde en mémoire les valeurs minimale et maximale, avec un indicateur sec, confort ou humide ; l’historique se consulte sur téléphone.
    Pourquoi nous recommandons ce produit

    Les trois causes décrites dans ce guide ne se traitent pas du tout de la même façon, et l’air intérieur est la première à écarter ou à confirmer. Si l’humidité de l’air reste haute pendant des jours, la condensation joue un rôle, et la ventilation est à regarder en premier. Si l’air est normal alors que le bas du mur reste mouillé, l’eau vient d’ailleurs. Ce relevé chiffré oriente le diagnostic du professionnel et vous évite de payer un traitement qui ne vise pas la bonne cause.

    Pourquoi celui-ci et pas un autre

    Un hygromètre à aiguille, ou un modèle numérique sans mémoire, ne donne que la valeur de l’instant où vous le regardez. Or l’humidité grimpe la nuit, au réveil ou après une douche, quand vous n’êtes pas devant. Celui-ci garde le minimum et le maximum, et son historique sur le téléphone montre les pics heure par heure : c’est ce qui transforme une impression en relevé que vous pouvez montrer à un professionnel. Un modèle Wi-Fi, plus cher, ajoute la consultation à distance, dont vous n’avez pas besoin pour un relevé chez vous. Comme il est peu encombrant, vous pouvez en placer un par pièce à comparer.

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Où s’arrêter : Trouver la cause reste le travail d’un professionnel : voyez plus bas qui fait le diagnostic et ce qu’il doit vous remettre.

Pourquoi la cause passe avant le traitement

Pour une suspicion de remontée capillaire, l’AQC demande de réaliser un diagnostic préalable, pour vérifier que l’humidité vient bien du sol et non d’infiltrations ou de condensation. Un traitement choisi sur une mauvaise hypothèse traite le mauvais problème. Plusieurs causes peuvent aussi s’ajouter dans une même maison.

L’AQC signale un piège fréquent : les enduits de ciment, les doublages et les revêtements peu perméables à la vapeur d’eau sont un facteur aggravant. En empêchant l’eau de s’évaporer près du sol, ils la poussent à monter plus haut dans le mur. Si vous prévoyez d’isoler vos murs, signalez l’humidité au professionnel et demandez-lui comment sa solution laisse le mur sécher.

Pour approfondir : AQC : fiche pathologie bâtiment B.01, remontées capillaires (édition 2026).

Le diagnostic : qui le fait, et ce qu’il doit vous remettre

L’AQC indique que le diagnostic peut être réalisé par un expert indépendant ou par un professionnel du traitement. Dans les deux cas, demandez un diagnostic écrit : la cause retenue, les observations et les mesures faites, les murs concernés. C’est ce document qui vous permet de comparer des propositions de traitement. Pour trouver un professionnel, voyez les prestations d’un spécialiste de l’humidité.

Méfiez-vous de la pression à signer. Service Public conseille de ne jamais signer lors d’une première visite. Si vous signez chez vous, vous disposez de quatorze jours pour vous rétracter, et l’entreprise ne peut recevoir aucun paiement avant sept jours, sauf réparation urgente que vous avez vous-même demandée. Pour comparer deux offres, utilisez notre méthode pour comparer des devis travaux. Les étapes, de la demande à la signature, sont dans notre dossier sur le devis travaux.

Pour approfondir : AQC : revue Qualité Construction n° 90, les remontées capillaires.

Locataire, copropriété, voisin : qui fait quoi ?

Si vous êtes locataire, le logement doit être décent. Parmi les critères rappelés par Service Public : le gros œuvre protège contre les eaux de ruissellement et les remontées d’eau, la couverture et les menuiseries protègent contre les infiltrations, et la ventilation permet d’évacuer l’humidité. Signalez le problème au bailleur par écrit, de préférence par lettre recommandée avec avis de réception. Ne cessez pas de payer le loyer : Service Public décrit les recours, jusqu’au juge si le désaccord persiste.

En copropriété, les parties de canalisations qui traversent les appartements sont des parties communes. Si l’eau semble venir d’une partie commune ou d’un voisin, prévenez le syndic. En cas de fuite ou de dégât des eaux venant de chez un voisin, prévenez-le, ainsi que votre assureur, avant d’engager un traitement : le spécialiste de l’humidité n’intervient qu’une fois l’origine connue.

Pour approfondir : Service Public : logement décent.

Les questions que vous vous posez

Quel taux d’humidité viser dans la maison ?

Qualitel, reprenant l’ADEME, recommande entre 40 et 60 %. Au-dessus de 70 %, le risque de moisissures et de condensation augmente. Mesurez à plusieurs moments de la journée, car le taux varie avec la cuisine, les douches et l’aération.

L’humidité est apparue après le changement des fenêtres : est-ce lié ?

C’est possible. France Rénov’ rappelle que des fenêtres plus étanches renouvellent moins l’air, et conseille de vérifier la ventilation avec l’artisan. Vérifiez aussi que les entrées d’air des nouvelles fenêtres ne sont pas bouchées.

Je suis locataire : qui doit traiter l’humidité ?

Le logement loué doit être protégé des remontées d’eau et des infiltrations, et sa ventilation doit évacuer l’humidité d’une occupation normale. Signalez le problème au bailleur par écrit. Aérer et ne pas boucher les grilles de ventilation reste utile de votre côté.

Une peinture anti-humidité règle-t-elle le problème ?

Pas si l’eau continue d’arriver. L’AQC range les revêtements peu perméables à la vapeur parmi les facteurs aggravants des remontées capillaires : ils empêchent le mur de sécher. Cherchez la cause avant de choisir une finition.

Sources et méthode

Sources consultées le 10 octobre 2026. Les tableaux sont des outils de préparation conçus pour ce guide, pas des devis ni des diagnostics réels.

Pour une orientation sur la rénovation énergétique, consultez aussi le service public France Rénov’. Pour savoir comment nous préparons et vérifions ces pages, lisez notre méthode.

Portrait d’Ilan Lemos

L’auteur

Ilan Lemos

Fondateur de Travaux Sereins, consultant SEO et passionné de bâtiment

J’ai créé Travaux Sereins avec une conviction : chacun mérite un cadre clair pour ses travaux, qu’il les commande ou qu’il les réalise.

Particuliers, syndics, bailleurs : vous devez pouvoir décrire votre projet avec précision, savoir à quelles aides vous avez droit et vérifier ce qui compte avant de signer. Artisans : vous méritez une vraie vitrine et des demandes de devis qualifiées, confiées à cinq entreprises au plus.

Chaque page s’appuie sur des sources officielles (ADEME, France Rénov’, Anah, Service Public, Légifrance), listées dans « Sources et méthode ».

Travaux Sereins est un site indépendant. Je fais une veille chaque mois et je mets les pages à jour au fil des évolutions (aides, réglementation, qualifications). Une information peut toutefois avoir changé depuis la dernière modification : vérifiez-la auprès de la source officielle avant de vous engager.

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