Ce guide fait partie de notre dossier sur le traitement de l’humidité : il vous aide à préparer votre projet, du besoin initial à la lecture des propositions.
Quatre origines possibles, quatre familles de travaux
La condensation vient de l’intérieur : la vapeur d’eau produite par la cuisine, les douches ou la respiration se dépose sur les surfaces froides. Qualitel la cite sur les fenêtres et rappelle qu’elle favorise les moisissures. Elle se règle d’abord par l’aération et la ventilation : c’est le domaine du spécialiste de la ventilation. L’infiltration, elle, fait entrer l’eau de pluie par la toiture, la façade ou le contour d’une fenêtre : si la tache apparaît après la pluie sous le toit, le couvreur est le premier concerné.
La remontée capillaire est l’eau du sol qui monte dans un mur par les pores de ses matériaux. Selon l’Agence Qualité Construction (AQC), elle est fréquente dans les maçonneries anciennes et rare dans les constructions récentes. Ses signes et ses traitements sont détaillés dans notre guide sur les remontées capillaires. Enfin, une fuite de canalisation peut mouiller un mur ou un plafond : la recherche de fuite relève du plombier.
Pour approfondir : Qualitel : mesurer le taux d’humidité de son logement.
| Cause | Indices possibles (sans valeur de diagnostic), et qui intervient |
|---|---|
| Condensation | Buée sur les vitres, moisissures sur les parois froides : ventilation, et isolation des parois froides |
| Infiltration | Tache qui apparaît ou grandit après la pluie, près d’un toit, d’un mur exposé ou d’une fenêtre : couvreur, façadier ou menuisier selon le point d’entrée |
| Remontée capillaire | Bas des murs humide, salpêtre, enduit qui se décolle, dans une maison ancienne : spécialiste de l’humidité, après diagnostic |
| Fuite | Tache localisée près d’un passage de tuyaux ou sous une pièce d’eau : plombier |
Observer avant d’appeler : un relevé daté
Avant toute visite, des observations datées valent mieux qu’une impression générale. Photographiez les zones touchées, par temps sec et après la pluie, si possible sur plusieurs semaines. Notez à chaque fois la pièce, la hauteur des traces, le temps qu’il fait et si le chauffage tournait. Listez les travaux récents : fenêtres, isolation, enduit, terrasse.
Un hygromètre donne un indice sur l’air de la pièce. Qualitel, reprenant l’ADEME, recommande un taux d’humidité entre 40 et 60 % dans un logement, et signale qu’au-delà de 70 % le risque de moisissures et de condensation augmente. Cette mesure ne dit rien d’une infiltration ni d’une remontée capillaire : elle renseigne seulement sur la part de la condensation.
- Photographier chaque zone touchée, en datant les photos
- Noter la pièce, la hauteur des traces, la météo et le chauffage
- Lister les travaux récents et garder leurs factures
- Relever le taux d’humidité de la pièce à plusieurs moments
Le faire vous-même : ce qu’il faut vous procurer
Le relevé daté décrit plus haut se tient avec un seul appareil, en plus de votre téléphone pour les photos.
Le matériel ci-dessous est choisi pour les gestes de ce guide, sur des critères écrits, pas selon ce qu’il rapporte. Les liens sont affiliés : si vous achetez, le marchand nous verse une petite commission, sans surcoût pour vous, ce qui aide à financer nos guides gratuits. En tant que Partenaire Amazon, je réalise un bénéfice sur les achats remplissant les conditions requises. En savoir plus
Thermo-hygromètre
Il mesure le taux d’humidité de l’air pour votre relevé. Posez-le loin des fenêtres, des radiateurs et des murs humides, et notez la valeur à plusieurs moments de la journée. Il renseigne sur la part de la condensation, pas sur une infiltration ni sur une remontée capillaire.
- Govee, thermomètre hygromètre BluetoothAffiche la température et le taux d’humidité, garde en mémoire les valeurs minimale et maximale, avec un indicateur sec, confort ou humide ; l’historique se consulte sur téléphone.
Pourquoi nous recommandons ce produit
Les trois causes décrites dans ce guide ne se traitent pas du tout de la même façon, et l’air intérieur est la première à écarter ou à confirmer. Si l’humidité de l’air reste haute pendant des jours, la condensation joue un rôle, et la ventilation est à regarder en premier. Si l’air est normal alors que le bas du mur reste mouillé, l’eau vient d’ailleurs. Ce relevé chiffré oriente le diagnostic du professionnel et vous évite de payer un traitement qui ne vise pas la bonne cause.
Voir notre meilleur choix sur Amazon ↗ (nouvel onglet)Lien affiliéPourquoi celui-ci et pas un autre
Un hygromètre à aiguille, ou un modèle numérique sans mémoire, ne donne que la valeur de l’instant où vous le regardez. Or l’humidité grimpe la nuit, au réveil ou après une douche, quand vous n’êtes pas devant. Celui-ci garde le minimum et le maximum, et son historique sur le téléphone montre les pics heure par heure : c’est ce qui transforme une impression en relevé que vous pouvez montrer à un professionnel. Un modèle Wi-Fi, plus cher, ajoute la consultation à distance, dont vous n’avez pas besoin pour un relevé chez vous. Comme il est peu encombrant, vous pouvez en placer un par pièce à comparer.
Où s’arrêter : Trouver la cause reste le travail d’un professionnel : voyez plus bas qui fait le diagnostic et ce qu’il doit vous remettre.
Pourquoi la cause passe avant le traitement
Pour une suspicion de remontée capillaire, l’AQC demande de réaliser un diagnostic préalable, pour vérifier que l’humidité vient bien du sol et non d’infiltrations ou de condensation. Un traitement choisi sur une mauvaise hypothèse traite le mauvais problème. Plusieurs causes peuvent aussi s’ajouter dans une même maison.
L’AQC signale un piège fréquent : les enduits de ciment, les doublages et les revêtements peu perméables à la vapeur d’eau sont un facteur aggravant. En empêchant l’eau de s’évaporer près du sol, ils la poussent à monter plus haut dans le mur. Si vous prévoyez d’isoler vos murs, signalez l’humidité au professionnel et demandez-lui comment sa solution laisse le mur sécher.
Pour approfondir : AQC : fiche pathologie bâtiment B.01, remontées capillaires (édition 2026).
Le diagnostic : qui le fait, et ce qu’il doit vous remettre
L’AQC indique que le diagnostic peut être réalisé par un expert indépendant ou par un professionnel du traitement. Dans les deux cas, demandez un diagnostic écrit : la cause retenue, les observations et les mesures faites, les murs concernés. C’est ce document qui vous permet de comparer des propositions de traitement. Pour trouver un professionnel, voyez les prestations d’un spécialiste de l’humidité.
Méfiez-vous de la pression à signer. Service Public conseille de ne jamais signer lors d’une première visite. Si vous signez chez vous, vous disposez de quatorze jours pour vous rétracter, et l’entreprise ne peut recevoir aucun paiement avant sept jours, sauf réparation urgente que vous avez vous-même demandée. Pour comparer deux offres, utilisez notre méthode pour comparer des devis travaux. Les étapes, de la demande à la signature, sont dans notre dossier sur le devis travaux.
Pour approfondir : AQC : revue Qualité Construction n° 90, les remontées capillaires.
Locataire, copropriété, voisin : qui fait quoi ?
Si vous êtes locataire, le logement doit être décent. Parmi les critères rappelés par Service Public : le gros œuvre protège contre les eaux de ruissellement et les remontées d’eau, la couverture et les menuiseries protègent contre les infiltrations, et la ventilation permet d’évacuer l’humidité. Signalez le problème au bailleur par écrit, de préférence par lettre recommandée avec avis de réception. Ne cessez pas de payer le loyer : Service Public décrit les recours, jusqu’au juge si le désaccord persiste.
En copropriété, les parties de canalisations qui traversent les appartements sont des parties communes. Si l’eau semble venir d’une partie commune ou d’un voisin, prévenez le syndic. En cas de fuite ou de dégât des eaux venant de chez un voisin, prévenez-le, ainsi que votre assureur, avant d’engager un traitement : le spécialiste de l’humidité n’intervient qu’une fois l’origine connue.
Pour approfondir : Service Public : logement décent.
Les questions que vous vous posez
Quel taux d’humidité viser dans la maison ?
Qualitel, reprenant l’ADEME, recommande entre 40 et 60 %. Au-dessus de 70 %, le risque de moisissures et de condensation augmente. Mesurez à plusieurs moments de la journée, car le taux varie avec la cuisine, les douches et l’aération.
L’humidité est apparue après le changement des fenêtres : est-ce lié ?
C’est possible. France Rénov’ rappelle que des fenêtres plus étanches renouvellent moins l’air, et conseille de vérifier la ventilation avec l’artisan. Vérifiez aussi que les entrées d’air des nouvelles fenêtres ne sont pas bouchées.
Je suis locataire : qui doit traiter l’humidité ?
Le logement loué doit être protégé des remontées d’eau et des infiltrations, et sa ventilation doit évacuer l’humidité d’une occupation normale. Signalez le problème au bailleur par écrit. Aérer et ne pas boucher les grilles de ventilation reste utile de votre côté.
Une peinture anti-humidité règle-t-elle le problème ?
Pas si l’eau continue d’arriver. L’AQC range les revêtements peu perméables à la vapeur parmi les facteurs aggravants des remontées capillaires : ils empêchent le mur de sécher. Cherchez la cause avant de choisir une finition.
Sources et méthode
Sources consultées le 10 octobre 2026. Les tableaux sont des outils de préparation conçus pour ce guide, pas des devis ni des diagnostics réels.
- AQC : fiche pathologie bâtiment B.01, remontées capillaires (édition 2026)
Mécanisme, fréquence en maçonnerie ancienne, parements peu perméables comme facteur aggravant, diagnostic préalable en travaux sur l’existant. Lue en entier le 10 octobre 2026.
- AQC : revue Qualité Construction n° 90, les remontées capillaires
Diagnostic incontournable, réalisé par un expert indépendant ou un professionnel du traitement (partie publique relue le 10 octobre 2026).
- Qualitel : mesurer le taux d’humidité de son logement
Taux de 40 à 60 % selon l’ADEME, risque accru au-delà de 70 % ; condensation, infiltration, remontées capillaires (page modifiée le 2 septembre 2026, relue le 10 octobre 2026).
- France Rénov’ : remplacer les portes et fenêtres de votre maison
Qualité isolante (menuiserie, vitrage, pose) ; remplacement des seules fenêtres comme solution intermédiaire ; changement d’ouvrant et ponts thermiques ; vérifier la ventilation avec l’artisan ; déclaration en mairie si l’aspect change. Relue le 10 octobre 2026.
- Service Public : logement décent
Protection contre les remontées d’eau et les infiltrations, évacuation de l’humidité ; démarches du locataire (page vérifiée par Service Public le 21 mars 2025, relue le 10 octobre 2026).
- Service Public : copropriété, travaux et aménagements dans l’appartement
Aspect extérieur (fenêtres) et parties communes : autorisation de l’assemblée générale avant le début des travaux ; canalisations qui traversent les parties privatives, parties communes (page vérifiée par Service Public le 18 février 2026, relue le 10 octobre 2026).
- Service Public : démarchage à domicile, règles à respecter
Quatorze jours de rétractation, aucun paiement avant sept jours, sauf réparation urgente demandée (page vérifiée par Service Public le 11 août 2026, relue le 10 octobre 2026).
- Service Public : comment éviter les arnaques à la rénovation énergétique
Ne jamais signer lors d’une première visite (actualité du 12 mars 2024, relue le 10 octobre 2026).
Pour une orientation sur la rénovation énergétique, consultez aussi le service public France Rénov’. Pour savoir comment nous préparons et vérifions ces pages, lisez notre méthode.

