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Humidité

Remontées capillaires : confirmer le diagnostic avant de choisir un traitement

Mis à jour le · 7 min de lecture

Bas de mur intérieur peint en blanc, au-dessus d’une plinthe : la peinture et l’enduit se décollent par plaques le long d’une ligne ondulée
Peinture et enduit qui se décollent en bas de mur : un signe à décrire au professionnel, qui ne prouve pas à lui seul que l’eau vient du sol. Photo : Kebabknight, CC BY-SA 4.0, recadrage, via Wikimedia Commons

Ce guide fait partie de notre dossier sur les causes de l’humidité dans la maison : il vous aide à préparer votre projet, du besoin initial à la lecture des propositions.

Les signes qui font penser à une remontée capillaire

L’AQC décrit, en façade, des traces irrégulières ou ondulées qui peuvent monter jusqu’à plusieurs mètres, avec en dessous une partie plus sombre, saturée d’humidité. Dans les cas extrêmes, enduits et peintures se décollent et laissent apparaître du salpêtre, ces dépôts blanchâtres de sels minéraux. L’eau qui s’évapore par la surface du mur y abandonne les sels qu’elle transportait : ces dépôts, avec des micro-organismes, forment les marques et les auréoles.

Le phénomène touche surtout les murs en matériaux capillaires, comme la pierre tendre ou la brique. Selon l’AQC, il est fréquent dans les maçonneries anciennes et rare dans les constructions récentes. À l’intérieur comme à l’extérieur, cette humidité entraîne du salpêtre, des moisissures et le décollement des revêtements. Les pièces de bois en contact avec le mur peuvent pourrir.

Pour approfondir : AQC : fiche pathologie bâtiment B.01, remontées capillaires (édition 2026).

Ce que vous observez, et ce que cela ne prouve pas
Ce que vous observezCe que cela ne prouve pas à lui seul
Traces en bas du murQue l’eau vienne du sol : une fuite ou la pluie qui rejaillit au pied du mur marquent aussi le bas des murs
Salpêtre, enduit qui se décolleL’origine de l’eau, seulement qu’elle s’évapore à cet endroit
Humidité toute l’année, peu liée à la météoL’absence d’infiltration par la façade ou le sol extérieur
Moisissures dans les angles en hiverUne remontée : la condensation peut aussi en être l’origine
Problème apparu après un enduit ou un doublageLa cause : l’AQC y voit plutôt un facteur aggravant, à signaler

Faire confirmer l’origine de l’humidité

L’AQC est nette : en travaux sur l’existant, il faut réaliser un diagnostic préalable, pour vérifier que l’humidité est bien d’origine ascensionnelle et non liée à des infiltrations ou à de la condensation. Le professionnel regarde ensuite si une coupure de capillarité peut être créée à une hauteur efficace par rapport au sol extérieur. Dans sa revue, l’AQC juge ce diagnostic incontournable, car les causes sont difficiles à identifier, et indique qu’il peut être confié à un expert indépendant ou à un professionnel du traitement.

Préparez la visite avec ce que vous savez déjà. Des observations datées valent mieux qu’une impression générale. Pour organiser ce rendez-vous, voyez comment préparer la visite de l’artisan.

Pour approfondir : AQC : revue Qualité Construction n° 90, les remontées capillaires.

Votre dossier avant la visite
  1. Photographier les murs atteints, par temps sec et après la pluie
  2. Noter la hauteur des traces, pièce par pièce
  3. Lister les travaux récents : enduit de façade, doublage, sol, terrasse, fenêtres
  4. Repérer à l’extérieur les descentes d’eau, le niveau du terrain et le revêtement au pied du mur
  5. Rassembler les rapports ou les échanges avec l’assurance, s’il y en a

Les familles de traitements, et ce qu’elles visent

Quand une coupure de capillarité efficace ne peut pas être réalisée, l’AQC distingue deux familles de solutions. Les traitements curatifs cherchent à arrêter la remontée : injections de résines, inserts en tôle d’acier inoxydable, siphons atmosphériques, procédés par électro-osmose ou électrophorèse, procédés électroniques ou électromagnétiques. L’AQC écrit qu’il existe « de nombreuses techniques pour tenter de mettre fin aux remontées capillaires ». Reste la question de la faisabilité, par exemple quand une face du mur est inaccessible.

Les traitements palliatifs ne mettent pas fin à la remontée, mais peuvent en réduire nettement les effets, selon l’AQC : drainage périphérique raccordé à un exutoire, mise à nu des maçonneries de façade, doublage avec un vide d’air ventilé côté intérieur. Dans sa revue, l’AQC ajoute qu’un traitement ne va pas sans travaux annexes, avant et après le traitement lui-même. Demandez lesquels sont prévus chez vous, par exemple pour les enduits et les finitions.

Nous ne classons pas ces techniques et ne citons aucun taux d’efficacité. Un mur ne réagit pas comme un autre : c’est au professionnel de justifier son choix pour le vôtre.

Pour approfondir : AQC : fiche pathologie bâtiment B.01, remontées capillaires (édition 2026).

Chaque famille, et la question à poser au professionnel
FamilleQuestion à poser
Injection en pied de murComment l’imprégnation sera-t-elle homogène sur toute l’épaisseur et toute la longueur ?
Procédés électriques ou électromagnétiquesSur quelles références et quels contrôles s’appuie l’efficacité annoncée ?
Drainage périphériqueOù l’eau collectée sera-t-elle évacuée, et le terrain le permet-il ?
Reprise des enduitsQuel enduit, et pourquoi convient-il à ce mur ?
Doublage ventiléComment l’air circulera-t-il derrière, et que devient l’humidité ?

Les pièges qui aggravent le problème

Le piège le plus courant est d’enfermer l’humidité. L’AQC range les parements peu perméables à la vapeur d’eau, comme les enduits de ciment, les doublages et les revêtements d’imperméabilité, parmi les facteurs aggravants : en empêchant l’eau de s’évaporer près du sol, ils la poussent à monter plus haut dans le mur. Si vous prévoyez d’isoler un mur par l’intérieur, signalez l’humidité au professionnel et demandez-lui comment sa solution laisse le mur sécher.

Deuxième piège : un traitement incomplet. L’AQC cite des injections qui n’imprègnent pas la maçonnerie de manière homogène et laissent une barrière discontinue. Elle signale aussi l’effet mèche : un enduit inadapté, descendu plus bas que la coupure de capillarité, se charge d’humidité alors que le mur lui-même est protégé. Une coupure de capillarité n’est efficace que si elle est continue sur toute la section des murs en contact avec le sol.

Si la maison reste aussi froide, repérez où et quand elle reste froide : un mur froid et un mur humide ne se traitent pas de la même façon.

Pour approfondir : AQC : fiche pathologie bâtiment B.01, remontées capillaires (édition 2026).

Ce que le devis doit préciser

Le devis doit s’appuyer sur un diagnostic écrit : cause retenue, observations et mesures réalisées, murs concernés. Si le document ne nomme pas la cause, il ne vous dit pas ce qu’il traite. Pour chaque mur, il précise la technique, la longueur traitée, les travaux annexes et les finitions comprises ou exclues. L’AQC rappelle que le contrôle de l’assèchement des murs fait partie intégrante du diagnostic et du traitement : demandez comment il sera suivi, et dans quel délai.

Demandez l’attestation d’assurance décennale et vérifiez que l’activité prévue y figure : elle doit être jointe au devis. Ne signez aucun document lors d’une première visite, comme le conseille Service Public, même après un diagnostic offert. Après un démarchage à domicile, vous disposez de 14 jours pour vous rétracter, et l’entreprise ne peut recevoir aucun paiement avant 7 jours, sauf réparation urgente que vous avez vous-même demandée. Comparez au moins deux propositions, et voyez les prestations d’un spécialiste de l’humidité.

Pour approfondir : Service Public : comment éviter les arnaques à la rénovation énergétique.

Les mentions à retrouver sur le devis
ÉlémentCe que le devis doit montrer
DiagnosticCause retenue, observations et mesures, murs concernés
TechniqueMéthode retenue pour chaque mur, et pourquoi
ÉtendueLongueur traitée, mur par mur
Travaux annexesDépose et reprise des enduits, drainage, finitions comprises ou exclues
AssèchementComment et quand il sera contrôlé

Pour mettre deux propositions face à face, utilisez notre méthode pour comparer des devis travaux.

Les questions que vous vous posez

Un déshumidificateur règle-t-il une remontée capillaire ?

Non. Il agit sur l’air de la pièce, pas sur l’eau qui monte du sol dans le mur, et l’AQC ne le cite pas parmi les traitements. Il ne remplace pas le diagnostic.

Faut-il gratter le salpêtre ?

Brosser les dépôts en surface ne règle rien si l’eau continue de monter : les sels sont déposés par l’eau qui s’évapore. La dépose des enduits chargés de sels se décide avec le traitement, dans le cadre du chantier.

Combien de temps un mur met-il à sécher après traitement ?

Cela dépend du mur, de son épaisseur et des travaux réalisés. Nous ne donnons pas de durée. Demandez au professionnel comment il suivra l’assèchement, et à quel moment les finitions pourront être posées.

Une maison récente peut-elle avoir des remontées capillaires ?

L’AQC indique que c’est rare, car l’absence de coupure de capillarité est très rare en construction neuve. La coupure peut toutefois être placée sous le niveau du sol extérieur, trop basse ou discontinue. Seul un examen sur place permet de le vérifier.

Les travaux sont-ils aidés ?

Nous ne citons aucune aide pour ces travaux : les conditions dépendent de votre situation et de votre projet. Renseignez-vous auprès d’un conseiller France Rénov’ et voyez les aides locales avant de signer.

Sources et méthode

Sources consultées le 10 octobre 2026. Les tableaux sont des outils de préparation conçus pour ce guide, pas des devis ni des diagnostics réels.

Pour une orientation sur la rénovation énergétique, consultez aussi le service public France Rénov’. Pour savoir comment nous préparons et vérifions ces pages, lisez notre méthode.

Portrait d’Ilan Lemos

L’auteur

Ilan Lemos

Fondateur de Travaux Sereins, consultant SEO et passionné de bâtiment

J’ai créé Travaux Sereins avec une conviction : chacun mérite un cadre clair pour ses travaux, qu’il les commande ou qu’il les réalise.

Particuliers, syndics, bailleurs : vous devez pouvoir décrire votre projet avec précision, savoir à quelles aides vous avez droit et vérifier ce qui compte avant de signer. Artisans : vous méritez une vraie vitrine et des demandes de devis qualifiées, confiées à cinq entreprises au plus.

Chaque page s’appuie sur des sources officielles (ADEME, France Rénov’, Anah, Service Public, Légifrance), listées dans « Sources et méthode ».

Travaux Sereins est un site indépendant. Je fais une veille chaque mois et je mets les pages à jour au fil des évolutions (aides, réglementation, qualifications). Une information peut toutefois avoir changé depuis la dernière modification : vérifiez-la auprès de la source officielle avant de vous engager.

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