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Carrelage et sols

Devis de carrelage : support, format, calepinage, joints, ce que chaque ligne doit dire

Mis à jour le · 7 min de lecture

Main gantée posant un système de nivellement entre deux grands carreaux, à côté d’une colle peignée
Grands carreaux, croisillons et système de nivellement : le format choisi change la préparation et la pose. Photo : Vladimir Srajber, licence Pexels, logo masqué, recadrage, via Pexels

Ce guide fait partie de notre dossier sur le carrelage : il vous aide à préparer votre projet, du besoin initial à la lecture des propositions.

Le support : la première question du carreleur

Le carrelage se colle sur un support : une chape, une dalle, un ancien carrelage, un plancher bois, un mur en plaques ou en maçonnerie. Chaque support demande sa propre préparation, et c’est souvent là que les devis divergent. Celui qui suppose un support en bon état sans l’avoir examiné risque de vous présenter un supplément en cours de chantier.

Les règles de l’art diffèrent selon le chantier. Le NF DTU 52.2, « Pose de carreaux céramiques et assimilés, pierres naturelles, collés au moyen de mortiers-colles », encadre la pose collée en travaux neufs. Le NF DTU 52.1, « Revêtements de sol scellés », vise la pose scellée des sols. En rénovation, la FFB s’appuie sur des cahiers des prescriptions techniques du CSTB : le CPT 3529 pour les sols intérieurs, le CPT 3528 pour les murs intérieurs. Ils commencent tous deux par la reconnaissance du support, puis sa préparation. Vous pouvez demander au carreleur à quel document il se réfère.

Poser sur un ancien carrelage est parfois possible, parfois non. Seul le professionnel peut trancher sur place : demandez-lui ce qu’il a vérifié, par exemple des carreaux qui sonnent creux, et ce que la surépaisseur change pour vos portes et vos seuils.

Pour approfondir : FFB : pose collée de carrelage pour les sols intérieurs en rénovation, l’essentiel du CPT 3529.

Votre support et ce que le devis doit expliquer
Support existantCe que le devis doit expliquer
Ancien carrelageRecouvrement ou dépose, et pourquoi
Chape ou dalle bétonÉtat constaté, ragréage ou primaire prévu
Plancher boisPréparation prévue, ou raisons d’un refus de poser directement
Sol chauffantPrécautions de mise en route et produits adaptés
Mur en plaquesPlaques adaptées à la pièce, protection à l’eau si zone humide

Dépose, gravats et précautions dans l’ancien

La dépose d’un ancien carrelage ou d’un sol souple est un poste à part entière : retrait, évacuation des gravats, nettoyage du support. Si un devis la prévoit et l’autre non, vérifiez que le second ne compte pas recouvrir sans l’avoir dit.

Dans un bâtiment construit avant le 1er janvier 1997, certains matériaux peuvent contenir de l’amiante. Le Code du travail impose à celui qui commande des travaux exposant les ouvriers à ce risque de faire réaliser au préalable un repérage de l’amiante, et la DREETS précise que cette obligation vise tous les donneurs d’ordre, y compris les particuliers. Signalez l’âge du bâtiment et les diagnostics que vous avez dès la visite, et prévoyez ce repérage avant la dépose.

En appartement, lisez votre règlement de copropriété : regardez s’il fixe des règles pour les revêtements de sol durs, par exemple une sous-couche contre les bruits d’impact. Si c’est le cas, faites-le savoir au carreleur dès la visite, car cela change la préparation et le devis.

Pour approfondir : DREETS Nouvelle-Aquitaine : questions-réponses « Repérage amiante avant travaux » (21 septembre 2021).

Format et calepinage : décider avant de chiffrer

Le format des carreaux peut changer la préparation et la pose : demandez au carreleur ce que le format choisi implique pour le support et la technique de collage. Choisissez au moins une famille de format avant la visite, sinon les devis compareront des chantiers différents.

Le calepinage est le plan de pose. Il fixe le point de départ, le sens des carreaux, le motif (droit, décalé, en diagonale, à chevrons) et l’emplacement des coupes. Le calepinage décide où tomberont les coupes, par exemple pour éviter une bande étroite à l’entrée d’une pièce. Demandez qu’il soit décrit sur le devis, ou montré sur un croquis pour les pièces principales.

Le motif influence aussi les chutes. Une pose en diagonale ou à chevrons produit plus de découpes qu’une pose droite. La quantité à commander doit donc inclure une marge de coupe, que le carreleur estime selon votre pièce et votre motif. Gardez quelques carreaux en réserve pour une réparation future : rien ne garantit que vous retrouverez la même référence plus tard.

Joints, plinthes, profilés : les lignes qui manquent souvent

Les joints ne se limitent pas à une couleur : le NF DTU 52.2 traite aussi de leur largeur, selon la FFB. Le devis peut préciser leur largeur, le produit utilisé et leur nettoyage. Demandez s’il prévoit des joints souples en périphérie ou aux changements de matériau, et comment ils seront traités, surtout pour une grande surface ou un sol chauffant.

Viennent ensuite les finitions : plinthes coupées dans le carrelage ou assorties, profilés d’angle sur les murs, barres de seuil entre deux pièces, nez de marche. Ce sont des postes modestes en apparence, mais leur absence se voit tout de suite à la fin du chantier.

Dans une douche, le carrelage et ses joints ne peuvent s’opposer au passage de l’eau, rappelle l’Agence Qualité Construction. Pour une douche à l’italienne, sans receveur, elle juge indispensable l’étanchéité préalable du support, et les documents de la FFB pour la rénovation intègrent la protection à l’eau. Les procédés portent des noms à connaître : SPEC, système de protection à l’eau sous carrelage, pour les parois, SEL, système d’étanchéité liquide, ou SEPI, en nattes, pour le sol. Faites préciser le procédé, les surfaces traitées et qui le pose.

Pour approfondir : Agence Qualité Construction : dégradations par l’eau des douches carrelées dites « à l’italienne ».

Si le carrelage s’inscrit dans une salle de bains complète, préparez la visite de l’artisan avec la liste de tous les travaux prévus.

Ce que le devis doit préciser

Pour un logement achevé depuis plus de deux ans, la pose peut relever du taux de TVA réduit de 10 % : vérifiez le taux indiqué. Si vous achetez vous-même le carrelage, il reste au taux normal, seule la pose pouvant bénéficier du taux réduit. Demandez alors la quantité exacte à commander et ce que le carreleur garantit dans ce cas.

Demandez l’attestation d’assurance décennale : elle doit être jointe au devis et à la facture. Pour la suite, voyez nos prestations de carrelage.

Pour approfondir : Entreprendre Service Public : taux de TVA des travaux de rénovation.

Les postes d’un devis de carrelage
PosteCe que le devis doit montrer
Protection et déposeRevêtement retiré, gravats évacués, pièces voisines protégées
Préparation du supportÉtat constaté, ragréage, primaire, reprises éventuelles
Protection à l’eauProcédé et surfaces, en zone humide
CarrelageRéférence, format, quantité avec la marge de coupe, qui l’achète
Colle et jointsProduits adaptés au support et au format
PosePièces, surfaces, calepinage, motif
FinitionsPlinthes, profilés, seuils, joints souples
Fin de chantierNettoyage, délai avant de marcher ou d’utiliser la pièce

Pour mettre deux propositions face à face, comparez les devis travaux poste par poste avant de regarder les totaux.

Les questions que vous vous posez

Puis-je acheter le carrelage moi-même ?

Oui, si le carreleur l’accepte. Faites valider le format et la quantité avant la commande, et demandez ce que couvre sa garantie quand il ne fournit pas les carreaux.

Le carreleur doit-il vérifier la planéité du sol ?

La reconnaissance et la préparation du support font partie de son travail : les documents de référence commencent par là. Demandez que le devis dise ce qui a été constaté et ce qui est prévu.

Pourquoi un devis compte-t-il plus de mètres carrés que ma pièce ?

La différence peut venir de la marge de coupe, des plinthes ou de surfaces annexes. Demandez le détail du calcul.

Un défaut de carrelage relève-t-il de la garantie décennale ?

Cela dépend du désordre. Selon Service Public, la garantie décennale couvre les dommages qui compromettent la solidité de l’ouvrage ou le rendent impropre à sa destination, pendant dix ans après la réception. Seul l’examen du désordre permet de le dire. Gardez l’attestation et le procès-verbal de réception.

Sources et méthode

Sources consultées le 10 octobre 2026. Les tableaux sont des outils de préparation conçus pour ce guide, pas des devis ni des diagnostics réels.

Pour une orientation sur la rénovation énergétique, consultez aussi le service public France Rénov’. Pour savoir comment nous préparons et vérifions ces pages, lisez notre méthode.

Portrait d’Ilan Lemos

L’auteur

Ilan Lemos

Fondateur de Travaux Sereins, consultant SEO et passionné de bâtiment

J’ai créé Travaux Sereins avec une conviction : chacun mérite un cadre clair pour ses travaux, qu’il les commande ou qu’il les réalise.

Particuliers, syndics, bailleurs : vous devez pouvoir décrire votre projet avec précision, savoir à quelles aides vous avez droit et vérifier ce qui compte avant de signer. Artisans : vous méritez une vraie vitrine et des demandes de devis qualifiées, confiées à cinq entreprises au plus.

Chaque page s’appuie sur des sources officielles (ADEME, France Rénov’, Anah, Service Public, Légifrance), listées dans « Sources et méthode ».

Travaux Sereins est un site indépendant. Je fais une veille chaque mois et je mets les pages à jour au fil des évolutions (aides, réglementation, qualifications). Une information peut toutefois avoir changé depuis la dernière modification : vérifiez-la auprès de la source officielle avant de vous engager.

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