Ce guide fait partie de notre dossier sur le traitement des bois : il vous aide à préparer votre projet, du besoin initial à la lecture des propositions.
Insectes, termites, mérule : trois agents différents
Qualitel le rappelle : capricornes, vrillettes et termites attaquent surtout le cœur du bois, et pendant plusieurs mois, voire plusieurs années, aucune trace évidente n’est visible de l’extérieur. Quand des signes apparaissent, ce sont souvent de petits trous réguliers, une fine sciure au sol, un bois qui s’effrite ou qui sonne creux. Qualitel prévient que ces signes sont parfois attribués à l’âge du bâtiment.
Les termites laissent parfois des cordons de boue sur les murs, et un bois intact en surface peut se fendre sous la pression, selon Qualitel. La mérule est un champignon : Qualitel décrit un toucher cotonneux ou des filaments blancs, un bois ramolli, cassant ou bruni, et une odeur de champignon et d’humidité. Elle se développe dans les zones sombres, humides et mal ventilées, et l’AQC précise qu’elle peut traverser des maçonneries pour aller chercher l’eau.
Ce tableau ne remplace pas un examen. Plusieurs agents peuvent coexister, et seul un sondage des bois permet de mesurer l’étendue réelle des dégâts.
Pour approfondir : Qualitel : bois de charpente, les erreurs à ne pas commettre.
| Ce que vous observez | Agent possible, à confirmer par un professionnel |
|---|---|
| Petits trous ronds ou ovales, sciure sous une poutre | Insectes à larves xylophages |
| Fins cordons de terre sur les murs, bois qui se fend sous la pression | Termites |
| Toucher cotonneux, filaments blancs, odeur de champignon, bois ramolli | Mérule ou autre champignon |
| Bois noirci et mou près d’une fuite ou d’une infiltration | Humidité, avec ou sans champignon |
Termites et mérule : les déclarations obligatoires
Pour les termites, l’article L126-4 du Code de la construction et de l’habitation et Service Public sont précis : la présence de termites se déclare en mairie, avec un formulaire, dans le mois qui suit la constatation. L’obligation pèse sur l’occupant, ou à défaut sur le propriétaire, et sur le syndicat des copropriétaires pour les parties communes. Un locataire prévient d’abord son propriétaire. Dans les secteurs délimités par le conseil municipal, le maire peut enjoindre aux propriétaires de faire rechercher les termites et de faire les travaux nécessaires dans les six mois. Une fois les travaux faits, une attestation est remise à la mairie.
Des arrêtés préfectoraux délimitent aussi les zones contaminées par les termites. En cas de démolition dans ces zones, les bois et matériaux contaminés sont incinérés sur place ou traités avant tout transport, et l’opération se déclare en mairie.
Pour la mérule, l’article L126-5 du même code prévoit aussi une déclaration en mairie par l’occupant, ou à défaut par le propriétaire, et par le syndicat des copropriétaires pour les parties communes. Des arrêtés préfectoraux délimitent des zones de présence d’un risque de mérule. Demandez à votre mairie si votre logement se trouve dans un secteur ou une zone délimitée.
Pour approfondir : Service Public : termites dans l’habitat.
Le diagnostic avant le traitement
Le diagnostic doit répondre à trois questions : quel agent, quelle étendue, quel état des pièces porteuses. Pour les termites, la règle impose une séparation : selon Service Public, le professionnel qui réalise les travaux d’éradication doit être différent de celui qui a réalisé le diagnostic termites.
Pour la mérule, Qualitel décrit les étapes : supprimer la cause de l’humidité, assécher, retirer ou remplacer les bois contaminés, puis faire appliquer un traitement curatif par un professionnel. Traiter le bois sans couper l’eau ne règle rien. L’AQC rappelle que la présence de mérule est toujours liée à une humidité anormale, et conseille de ne pas intervenir sans avoir consulté un spécialiste en cas de doute.
Si des pièces porteuses sont trop atteintes, un charpentier doit les remplacer ou les renforcer. Le traitement et la réparation peuvent relever de deux entreprises : faites dire qui fait quoi. Vous prévoyez d’isoler vos combles ? Préparez votre projet d’isolation en signalant l’état de la charpente : mieux vaut la vérifier avant que l’isolant la recouvre.
Pour approfondir : Qualitel : traitement de la mérule.
- Photographier de près les trous, la sciure, les filaments ou les cordons
- Noter les zones touchées : charpente, solives, plancher, escalier
- Signaler toute fuite, infiltration ou pièce mal ventilée à proximité
- Retrouver un éventuel état relatif aux termites ou un rapport d’expertise
- Demander à la mairie si le logement est dans un secteur ou une zone délimitée
Ce que le devis de traitement doit préciser
Un devis « traitement de charpente » sans agent nommé ne vous dit pas ce qui est traité. Le document doit s’appuyer sur le diagnostic et préciser, zone par zone, la méthode retenue et les produits utilisés.
Le professionnel qui utilise des produits de protection du bois réservés aux professionnels doit détenir un certificat individuel, le Certibiocide, prévu par l’arrêté du 9 octobre 2013. Demandez son numéro. Si des pièces porteuses sont remplacées, demandez l’attestation d’assurance décennale du charpentier, et voyez les prestations d’un spécialiste du traitement du bois.
Après un démarchage à domicile, vous disposez de 14 jours pour vous rétracter, et l’entreprise ne peut recevoir aucun paiement pendant les 7 premiers jours, selon Service Public. Ne signez rien lors d’une première visite, même si l’on vous annonce une infestation grave.
Pour approfondir : Légifrance : arrêté du 9 octobre 2013 relatif à l’exercice de l’activité d’utilisateur professionnel et de distributeur de certains types de produits biocides.
| Élément | Ce que le devis doit montrer |
|---|---|
| Agent en cause | Insectes, termites ou mérule, d’après le diagnostic |
| Zones traitées | Pièces de bois, murs, sol, avec leur étendue |
| Méthode | La technique retenue pour chaque zone, et pourquoi |
| Produits | Nom et usage des produits, consignes pour les occupants |
| Bois à remplacer | Pièces concernées, et qui les remplace |
| Cause d’humidité | Travaux prévus pour la supprimer, surtout pour la mérule |
| Garantie | Durée, contenu, conditions de maintien |
Pour mettre deux propositions face à face, utilisez notre méthode pour comparer des devis travaux.
Les questions que vous vous posez
Faut-il traiter une charpente sans signe d’attaque ?
Un traitement préventif peut se discuter, par exemple avant d’isoler des combles. Demandez au professionnel ce qu’il a observé et pourquoi il le propose. Sans constat, un traitement ne doit pas vous être imposé.
Les trous dans ma poutre sont anciens : faut-il traiter ?
Des trous peuvent dater d’une attaque passée, aujourd’hui éteinte. Qualitel prévient pourtant que ces signes sont parfois attribués à tort à l’âge du bâtiment. Seul un examen permet de dire si l’attaque est active.
Le diagnostic termites de la vente suffit-il pour traiter ?
Il signale la présence de termites, mais ne décrit pas les travaux. Demandez au professionnel du traitement son propre relevé des zones et de la méthode. Pour les termites, il doit être distinct de celui qui a fait le diagnostic.
Peut-on traiter soi-même une charpente attaquée ?
Certains produits de protection du bois sont réservés aux professionnels certifiés. Une infestation de termites ou de mérule demande d’abord un diagnostic, et Qualitel déconseille de traiter soi-même la mérule. Vous pouvez en revanche agir sur ce qui la favorise : fuites, manque de ventilation, condensation.
Sources et méthode
Sources consultées le 10 octobre 2026. Les tableaux sont des outils de préparation conçus pour ce guide, pas des devis ni des diagnostics réels.
- Service Public : termites dans l’habitat
Déclaration en mairie dans le mois qui suit la constatation (formulaire R1486) ; locataire qui prévient d’abord son propriétaire ; injonction du maire, recherche et travaux dans les six mois ; attestation de travaux remise en mairie ; professionnel de l’éradication différent de celui du diagnostic ; démolition : bois incinérés sur place ou traités avant transport (page vérifiée par Service Public le 8 octobre 2026, relue le 10 octobre 2026).
- Légifrance : Code de la construction et de l’habitation, articles L126-4 à L126-6
Déclaration en mairie de la présence de termites (L126-4) et de mérule (L126-5) par l’occupant, à défaut le propriétaire, par le syndicat des copropriétaires pour les parties communes ; secteurs délimités par le conseil municipal où le maire peut enjoindre une recherche de termites (L126-6) (versions en vigueur depuis le 1er juillet 2021, relues le 10 octobre 2026).
- Qualitel : bois de charpente, les erreurs à ne pas commettre
Capricornes, vrillettes et termites attaquent surtout le cœur du bois : pendant plusieurs mois, voire plusieurs années, aucune trace évidente depuis l’extérieur ; sciure fine, petits trous réguliers, bois qui s’effrite ou sonne creux ; signes parfois attribués à l’âge du bâtiment (page modifiée le 6 février 2026, relue le 10 octobre 2026).
- Qualitel : se débarrasser des termites
Cordons de boue sur les murs, bois intact en surface qui se fend sous la pression (page modifiée le 3 février 2025, relue le 10 octobre 2026).
- Qualitel : traitement de la mérule
Toucher cotonneux ou filaments blancs, bois ramolli, cassant ou bruni, odeur de champignon et d’humidité ; zones sombres, humides et mal ventilées ; supprimer la cause d’humidité, assécher, retirer ou remplacer les bois contaminés, traitement curatif par un professionnel ; traitement par soi-même déconseillé ; déclaration en mairie (page modifiée le 30 juillet 2026, relue le 10 octobre 2026).
- AQC : fiche pathologie bâtiment B.11, attaques des bois par les champignons
La mérule peut traverser des structures maçonnées pour s’approvisionner en eau (fiche mise à jour en septembre 2026, relue le 10 octobre 2026).
- AQC : infiltrations, fuites, attention au risque de mérule (revue n° 214)
La présence de mérule dans un bâtiment est toujours liée à une humidité anormale (chapeau public de la revue de janvier-février 2026, relu le 10 octobre 2026).
- AQC : le risque mérule dans le bâtiment, mesures préventives
Éviter tout endroit non ventilé, sans lumière, où l’eau peut stagner ; en cas de doute, ne pas intervenir sans avoir consulté un spécialiste (plaquette de février 2017, relue le 10 octobre 2026).
- Légifrance : arrêté du 9 octobre 2013 relatif à l’exercice de l’activité d’utilisateur professionnel et de distributeur de certains types de produits biocides
Article 2 : pour les produits de protection du bois (type 8) destinés exclusivement aux professionnels, certificat « certibiocide autres produits » ou « certibiocide nuisibles » (version en vigueur, relue le 10 octobre 2026).
- Service Public : démarchage à domicile, règles à respecter
Rétractation de quatorze jours, aucun paiement pendant sept jours, exception des réparations urgentes, formulaire de rétractation (page vérifiée par Service Public le 11 août 2026). Lue le 9 octobre 2026.
- Service Public : garantie décennale des constructeurs
Dommages couverts pendant dix ans après la réception ; attestation d’assurance jointe aux devis et à la facture (page vérifiée par Service Public le 10 avril 2026, relue le 8 octobre 2026).
Pour une orientation sur la rénovation énergétique, consultez aussi le service public France Rénov’. Pour savoir comment nous préparons et vérifions ces pages, lisez notre méthode.

